AFFAIRES INTERIEURES
ANALYSES POLITIQUES
« Les critiques sévères que le Président de la République a adressées la semaine dernière à travers les médias au Premier ministre Stanichev, révèlent une sérieuse tension politique au sein des autorités au pouvoir ». C’est ce qu’ont déclaré des analystes pendant le week-end en évoquant l’entretien de Parvanov publié dans Troud, dans lequel celui-ci s’attaque aux actes du Premier ministre et de ses conseillers. Le conseiller présidentiel Ventseslav Dimitrov, a pour sa part souligné samedi dans une émission radiodiffusée à Darik « qu’après le rapport écrasant que Bruxelles prépare à l’intention de la Bulgarie, Stanichev et compagnie devraient quitter leurs postes au pouvoir ». « Nous observons la réaction préventive du Président Parvanov à l’égard de la ligne politique que le Premier ministre envisage de suivre », commente dans Dnevnik la politologue Roumiana Kolarova. D’après elle, les propos du Président résulteraient de sérieux différends politiques existant entre les deux, mais également d’ambitions personnelles et de contradictions concernant les lobbies économiques de l’un et de l’autre. Des députés de gauche ont cependant supposé que le Premier ministre ne réagira ni verbalement, ni par des actes concrets aux propos du Président. Des membres du parti socialiste ont aussi été unanimes pour constater qu’il n’y avait pas de scission au sein du parti et que des cercles « pro-présidentiel » ou « pro-Stanichev » ne s’étaient pas formés. Les socialistes se sont toutefois indignés du fait que Parvanov s’attaquait à leur leader par l’intermédiaire des médias et non « en tête-à -tête ». Seul l’ancien ministre de l’Intérieur, Roumen Petkov a pris la défense de Parvanov en rappelant que « le Président de la République a le droit de critiquer toutes les institutions non seulement parce qu’il est élu par le peuple entier, non seulement parce qu’il est l’homme politique bulgare le plus populaire depuis les années 1990, mais aussi parce que c’est le Président de la République qui personnifie l’unité de toute la nation en assumant de ce fait ses propres responsabilités ». (Dnevnik, l)
SONDAGES
Si quatre partis entraient au parlement à la suite d’élections législatives, G.E.R.B. (Citoyens pour un développement européen de la Bulgarie - centre-droite) serait le plus important, il n’y aurait que deux alternatives pour lui de gouverner le pays, à savoir : entrer en coalition avec le PSB (Parti socialiste bulgare - gauche) ou bien avec le MDL (Mouvement pour les droits et libertés - minorité turque - centre). C’est ce qu’a déclaré hier Vassil Tontchev de l’agence sociologique « Sova Haris ». Celui-ci a toutefois déploré qu’une alliance libérale de ce type ne profitât guère au leader de G.E.R.B. qui se sentirait très limité dans ses activités. Si, par contre, un cinquième sujet y accédait, le schéma serait tout différent. Hier, Tontchev a présenté les résultats d’un sondage effectué par Sova Harris en début du mois, concernant les intentions de vote des Bulgares au cas où les législatives se tiendraient aujourd’hui. Ceux-ci ont montré que cinq partis auraient le plus de chances d’accéder à la 41ème Assemblée nationale. Ce serait, selon les résultats du sondage, G.E.R.B., PSB, MDL, Ataka (nationaliste) et UFD (Union des forces démocratiques - droite traditionnelle). Dans ce cas, les sociologues jugent possible la création d’une coalition de centre-droit. 55% des sondés se sont déclarés prêts à se rendre aux urnes, 40% d’entre eux ont aussi souligné qu’ils savaient pour qui voter. 15% des personnes interrogées hésitaient toujours quel parti soutenir aux élections. G.E.R.B. est le parti politique dirigeant qui devance d’environ 10 points le parti socialiste, ont annoncé les sociologues de Sova Haris. 32% des sondés sur l’ensemble du corps électoral soutiennent actuellement le parti du maire, les sympathisants des socialistes s’élevant à 22%. Le troisième parti qui est soutenu par 6,1% des personnes interrogées est le MDL, Ataka et l’UFD se trouvant en deçà de la barrière requise de 4% de l’ensemble du corps électoral. « La seule chance pour le MNS II (Mouvement national Siméon II - centre) d’avoir des députés au prochain parlement serait de former une alliance libérale avec le MDL », a commenté Tontchev. Celui-ci a cependant émis des doutes concernant une future participation du MDL au pouvoir, aussi bien en présence de quatre que de cinq partis au parlement. Il a toutefois été d’avis que si l’UFD n’y accédait pas, G.E.R.B. serait tenu de faire une coalition avec les socialistes. (Douma, Troud, 24 Tchassa, l)
ECONOMIE
KOZLODOUI
Selon Douma et Monitor qui se réfèrent à Mediapool, La Bulgarie serait prête à réaliser un projet de construction d’un septième réacteur de la centrale de Kozlodouï. Des études dans ce sens ont été faites il y a quelques années. Ce problème est réapparu à l’ordre du jour en raison de la hausse spectaculaire des prix, dont celui de l’énergie électrique. Le septième réacteur, d’une puissance de 1000 MgW, devrait coûter moins de 2 milliards d’euros. C’est ce qu’avait été annoncé au début de cette année le directeur de la centrale de Kozlodouï. Une telle unité pourrait être construite assez rapidement. L’idée d’un septième réacteur de Kozlodouï ferait partie d’une conception sur le développement de la centrale nucléaire dont la mise au point été confiée par le Premier ministre à un groupe de travail présidé par Mme Galina Tichéva, vice-ministre de l’Economie et de l’énergie. Les experts faisant partie de ce groupe devront également proposer des idées sur les perspectives de l’exploitation des réacteurs 3 et 4. Les investissements du projet devraient être assurés par la centrale de Kozlodouï dont l’état financer permettrait de d’attirer des crédits. (Douma, Monitor,l)
UE
»La Bulgarie sera strictement observée, d’ici la fin de l’année, par des fonctionnaires d’OLAF qui veilleront sur des abus avec l’argent des fonds européens ». C’est ce qui a été annoncé hier par la vice-première ministre en charge des fonds européens, Mégléna Plougtchiéva. Dans le même temps, tous les ministères et agences en Bulgarie seront dotés du système Lothar destiné à observer la mise en place des projets et la procédure de paiements. (Sega,l)
RELATIONS INTERNATIONALES
UE /IRLANDE
Les principaux journaux, se référant à des agences étrangères, évoquent le référendum sur le Traité de Lisbonne sous des titres comme : « Une gifle irlandaise pour l’UE » (Douma,s) ; « Un « non » irlandais a secoué l’UE »(Troud,s) ; « L’Irlande a miné l’avenir de l’UE »(Monitor,s) ; « Les Irlandais ont induis l’UE dans une impasse » (Sega,s)
« Le « non » irlandais jette l’UE dans le chaos, puisque le Traité de Lisbonne ne peut pas entrer en vigueur le 1er janvier 2009 comme cela avait été prévu. Cela signifie que la nomination d’un Président et d’un ministre des Affaires étrangères de l’Union est reportée. Lors du sommet, la semaine prochaine, l’UE doit choisir entre trois variantes : poursuivre les ratifications, faire modifier certains textes du Traité ou procéder à des exceptions pour Dublin qui soient votées lors d’un deuxième référendum ». (Troud,s) « Les leaders de l’UE sont visiblement inquiets », indique Sega en se référant aux agences AFP et Associated Press. « L’Irlande a versé une douche chaude sur Bruxelles. Elle est en voie d’induire l’UE dans une crise politique sérieuse », indique Standart, en se référant à Reuters. Beaucoup d’Irlandais ont reconnu avoir voté contre, car ils ne comprenaient pas le texte du document. Selon beaucoup d’adversaires du Traité, celui-ci limite l’influence des petits pays. « Que Dieu m’en garde des amis », sous ce titre Douma commente aujourd’hui les résultats du référendum irlandais. Le « non » irlandais a voué à l’échec le projet de réformes au sein de l’UE. « La gifle de Dublin est d’autant plus douloureuse que l’Irlande, le pays ayant bénéficié le plus de son adhésion à l’UE était considérée comme étant parmi les pays les plus pro-européens. Pourquoi donc les Irlandais qui se sont le plus avantagés de l’argent européen ont décidé de voter contre. » « Le Premier ministre irlandais saura-t-il résister à la pression qui lui sera exercée à Bruxelles ? » s’interroge plus loin Douma. « La réponse ne sera ni rapide, ni facile. Ce qui est évident pour l’instant, c’est que le « non » irlandais met un frein devant les réformes institutionnelles et provoque un embarras dans les activités de Bruxelles. Ce qui est pire, c’est qu’on voit à nouveaux apparaître la probabilité d’une pression de désintégration de l’Union en deux groupes à deux vitesses différentes, les uns souhaitant une intégration accélérée, et les autres, qui insistent pour plus d’autonomie ou qui ne sont pas capables d’atteindre le niveau des premiers. Devinez où est la Bulgarie ?. »
EUROPE DU SUD-EST
Le Président Parvanov a participé à la rencontre des pays d’Europe du sud-est qui a réunit en fin de semaine à Athènes les présidents de sept pays de la région. Le thème de la rencontre était « Les contacts interculturels eu Europe du Sud-est ». Lors de ce forum, il a proposé la mise en place d’une Académie régionale d’été avec la participation de jeunes de l’Europe du sud-est. L’objectif de cette académie serait de s’occuper de la protection du patrimoine régional. A Athènes, le Président Parvanov a présenté officiellement la candidature de Mme Irina Bokova, actuellement ambassadrice de Bulgarie en France, au poste de Secrétaire générale de l’UNESCO. (24 Tchassa, Troud,s)
L’INTERVIEW DU JOUR
Radion POPOV - Vice -ministre des Affaires Etrangères dans 24 Tchassa du 16/06/2008
M. Popov votre candidature a été soutenue par le MDL « Mouvement des Droits et de Libertés »). Lors des élections de 2001, le chef de file du MDL Ahmed Dogan vous a proposé de mener la liste du parti mais vous lui avez préféré le MNS II (« Mouvement National Siméon II » - centre). Sur quoi se fondent vos relations avec le MDL ?
Il faudrait demander aux leaders du MDL les motifs qui les ont poussés à me soutenir. Ils ont dû apprécier mes qualités professionnelles et tenir compte de mes contacts solides au sein du monde arabe. Sinon j’ai grandi dans une région où la population turque est très dense. Je suis né au village de Skobelevo à proximité de Pavel Bania. Dès mon plus jeune âge je parle couramment turc et j’ai toujours eu de très bons contacts avec les Turcs d’origine bulgare. Ma mère aujourd’hui décédée parlait aussi la langue turque.
Est-ce Ahmed Dogan en personne qui vous a proposé le poste ?
Oui.
Et en 2001 ?
A cette époque c’était Siméon II qui m’avait personnellement invité alors que l’invitation du MDL est venue des gens de l’entourage proche de Dogan.
On vous a sorti de la liste des candidats à la députation en raison de vos fonctions dans le renseignement militaire. Comment avez-vous vécu cette situation ?
Je me suis senti cruellement offensé. Je déclare sur l’honneur que je n’ai jamais rédigé la moindre dénonciation. Toutes mes missions étaient orientées à l’extérieur et servaient la sécurité nationale. « Un agent remplace un agent au sein des Affaires Etrangères » - c’est ainsi que s’est exprimé récemment un journal au sujet de ma nouvelle nomination. C’est indigne car je n’ai jamais été agent mais un cadre du renseignement militaire. En outre la loi ne s’applique pas à mon cas car mon service n’a jamais fait partie de la Sécurité d’Etat. Tout cela découle d’une combinaison malhabile du gouvernement d’Ivan Kostov.
Radion est un prénom un peu inhabituel. D’où vient-il ?
Mes parents voulaient m’appeler Radon d’après le soldat macédonien Radon Totev. Mais en raison sans doute d’une erreur du prêtre sur mon acte de baptême je figure en tant que Radion. Et c’est resté ainsi. Je ne sais pas s’il existe un deuxième prénom pareil.
Combien de langues parlez-vous ?
J’ai des certificats d’anglais, d’arabe, de turc et de russe. Je me débrouille bien en espagnol. Le français est la langue que je maîtrise le moins. Je l’ai étudié au Caire.
Où avez-vous appris l’arabe ?
En ma qualité d’adjoint à l’attaché militaire à Bagdad, j’ai fréquenté l’université locale.
Vous ne vous y rendez pas en uniforme quand même ?
Disons que la discrétion était de mise.
Vous passez pour être le meilleur connaisseur des Kurdes et du problème kurde.
Il doit y en avoir de meilleurs actuellement. J’ai arrêté mes activités il y a environ 8 ans. La vérité est que je connaissais personnellement la plupart des leaders Kurdes. Certains sont encore en vie. J’ai publié des articles sur la question. Avec Boris Temkov et Radoï Krastev j’étais un des trois diplomates bulgares qui étaient les seules à s’occuper de la question. Temkov a pris part au putsch de Gorounia contre Todor Jivkov dans les années 70. Radoï Krastev était maquisard du détachement « Tchavdar ». Je connaissais personnellement l’actuel président irakien Jalal Talabani. Nous étions très proches durant son exil en Syrie. Récemment je lui ai envoyé un de mes livres « Le phénix du Kurdistan », traduit en anglais et en espagnol.
Comment avez-vous fait la connaissance du leader du PKK Abdullah Öcalan ?
Je le rencontrais pendant que je travaillais à Damas. Mais ne m’en demandez pas plus.
Je sais que vous avez rencontré le général Colin Powell.
Dans la période 1995-1996 pendant que je suivais des études à l’Université de Défense Nationale à Washington. Au même moment j’ai connu Zbigniew Brzezinski.
Quels sujets avez-vous abordé avec le général ?
Nous avons parlé surtout des leçons à tirer de l’opération « Tempête du désert » qui a eu lieu en 1991. Nous avons constaté que nos points de vue convergeaient sur certaines questions et divergeaient sur d’autres. Powell m’a fait savoir qu’il avait insisté pour que Kurdes soient soutenus au nord de l’Irak et les Chiites au sud. Mais le pouvoir politique des Etats-Unis à l’époque s’était posé des objectifs plus limités. L’idée de Bush père n’était pas de liquider Saddam Hussein mais de l’affaiblir et de le rendre plus obéissant.
Quelle est la raison de l’inimitié entre vous et l’ex ministre de la Défense Boïko Noev alors que vous étiez des amis très proches ?
Nous étions amis et nous avions aussi des relations professionnelles. Mais ne nous étendons pas sur ce sujet. Ce que j’avais à en dire je l’ai dit y compris devant la Commission des dossiers.
M. Noev, ministre à l’époque vous a fait démettre de vos fonctions d’attaché militaire à Madrid et vous a fait descendre en grade. De colonel, vous êtes devenu sous-colonel.
La justice a fini par triompher. J’ai poursuivi Noev et le Parquet en justice et j’ai gagné les procès.
Depuis quelques années vous cultivez des roses. A cette fin vous vous êtes installés à Kazanlak. D’où vous vient cet amour ?
C’est un amour qui date d’au moins 50 ans. Je suis né dans la Vallée des roses. En fait le business a été commencé par feu mon frère. Maintenant c’est mon épouse qui a pris la relève. Moi, je ne fais qu’aider car en revenant du Caire, j’étais sans emploi. Mais on travaille sérieusement. Ma femme et son partenaire font partie des cultivateurs les plus actifs de la région.
Si ce n’est pas indiscret, peut-on savoir le nom de ce partenaire ?
Ce n’est pas un secret. C’est un homme d’affaires égyptien qui s’appelle Mohamed Ibrahim et qui préside l’association d’amitié entre les Bulgares et les Egyptiens.
