2 juillet 2008 - La France en Bulgarie
La France en Bulgarie Ambassade de France à Sofia
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2 juillet 2008

AFFAIRES INTERIEURES

FINANCEMENTS DES PARTIS

Le MNS II (Mouvement national Siméon II - centre) et le MDL (Mouvement pour les droits et libertés - minorité turque - centre) ont accordé leur soutien ferme à la proposition des socialistes relative à une augmentation sensible de la subvention d’Etat destinée aux partis politique. Dans le même temps, les dirigeants des deux formations politiques ont émis l’avis qu’il ne faut pas interdire les dons venant d’entreprises privées. Selon les « siméonistes », l’idée du PSB (Parti socialiste bulgare-gauche) d’établir un registre public des dons représente une garantie suffisante pour la disparition des « caisses noires » des partis. Intervenant à ce propos, M. Kazak, eurodéputé du MDL, a lui aussi souligné que la seule façon de mettre fin à la dépendance des partis politiques des milieux d’affaires est de voir la subvention d’Etat augmenter sensiblement. Celui-ci a toutefois souligné qu’il ne fallait cependant pas limiter la participation de nouveaux partis comme GERB aux élections, en commentant ainsi l’idée du PSB de ne laisser participer aux élections que des partis ayant bénéficié d’un score supérieur à 1%. (Sega, Douma)

MOTION DE CENSURE

L’UFD (Union des forces démocratiques - droite traditionnelle) demandera que lui soit fournie une information détaillée sur la façon dont sont absorbés les fonds européens et au cas où elle ne l’obtiendrait pas, elle initierait une nouvelle motion de censure à l’encontre du cabinet Stanichev. C’est ce qu’a déclaré hier, à l’issue de la réunion du Conseil exécutif national et du groupe parlementaire de l’UFD, Mme Lubov Panayotova. Elle a précisé que l’UFD insisterait également que tous les ministres et chefs d’agences en charge de l’absorption des fonds européens interviennent devant les députés et répondent à leurs questions. La demande des « bleus » fait suite à la dernière suspension de 183 millions d’euros dans le cadre du programme européen SAPARD en raison de marchés publics opaques. (Douma, Pari, Dnevnik)

ECONOMIE

DETTE IRAKIENNE

L’ensemble de la presse fait état du transfert sur le compte de la Banque centrale bulgare de 360 millions de dollars de la dette irakienne. Au terme de négociations difficiles menées à la fin de l’année dernière, la Bulgarie a consenti à recevoir 10% de la dette d’Irak qui s’élève au total à 3,5 milliards de dollars. La transaction est favorable à la Bulgarie étant donné que les pays membres du Club de Paris ont non seulement annulé 80% de leurs créances à l’égard de l’Irak mais ont aussi rééchelonné les 20% restants sur une période de 23 ans avec un délai de gratuité de six ans, rappelle Troud. (Troud, Pari, Sega Standart)

RELATIONS INTERNATIONALES

PFUE

Les principaux journaux rendent compte du début difficile de la Présidence française de l’UE en raison du refus du Président polonais de parapher le Traité de Lisbonne tant que l’Irlande n’aura pas annoncé ce qu’elle envisageait de faire. Il est indiqué que « les signaux négatifs venant de Varsovie et de Berlin augmentent la pression sur Paris. Des problèmes sont également à craindre de la part la République tchèque dont la majorité parlementaire est sceptique vis-à-vis de l’UE ». (Dnevnik) « La France a pris le volant de l’UE dans un état d’avarie », indique M. Svétoslav Terziev dans Sega. « Pendant toute une année Paris se préparait pour faire de sa présidence un événement digne d’un grand pays fondateur de l’Union, mais les choses se sont compliqués à la suite du non irlandais », explique l’auteur. « Le travail s’avère immense. Il doit répondre aux ambitions d’un Etat qui est un des moteurs de l’UE depuis sa fondation », écrit M. Terziev en évoquant les quatre priorités de la Présidence française, présentées également par l’ambassadeur de France à Sofia. Dnevnik indique, pour sa part, la controverse entre le Président Sarkozy et le commissaire européen au Commerce au sujet de l’accord prévu entre la Commission européenne et l’Organisation mondiale du commerce.

ETATS-UNIS

Les principaux journaux informent que la Secrétaire d’Etat des Etats-Unis Mme Condoleezza Rice, se rendra pour une brève visite à Sofia à la fin de juillet prochain. Les entretiens de Mme Rice à Sofia feraient suite à ceux tenus avec le Premier ministre bulgare lors de sa récente visite aux Etats-Unis : les projets énergétiques, l’avenir des contingents en Irak et en Afghanistan et d’autres questions d’ordre bilatéral. Mme Rice se verra remettre par le Président Parvanov l’ordre de Stara planina pour sa contribution à la libération des infirmières bulgares de la prison en Libye. (Sega, Troud, Standart)

DIPLOMATIE

Le chef de la diplomatie bulgare a nommé hier M. Konstantin Andréev, ancien ambassadeur à Bucarest, au poste de secrétaire permanent du ministère des Affaires étrangères, informe Monitor. Ce quotidien croit également savoir que M. Filip Bokov, chef du cabinet du Premier ministre, serait nommé ambassadeur de Bulgarie en Slovénie. M. Vassil Kalinov, député (PSB), se porterait candidat au poste d’ambassadeur en Azerbaïdjan. (Monitor, Standart)

RUBRIQUE FRANCE

MARCHE DU TRAVAIL

Dnevnik et 24 Tchassa citent la déclaration du ministre français chargé des questions d’immigration, Brice Hortefeux, selon lequel la France pourrait ouvrir son marché de travail pour les ressortissants bulgares et roumains bien avant le délai fixé au 30 décembre 2012.

L’INTERVIEW DU JOUR

Emil Kochloukov - leader du "Temps nouveau" dans 24 Tchassa du 02/07/2008

- M. Kochloukov, le président vous a-t-il promis un référendum sur les élections majoritaires à l’automne ?

Il se réserve le droit à l’initiative au cas où les partis au Parlement ne se pencheraient pas sur la question. Conformément à la loi actuelle, le président, le gouvernement ou ¼ des députés peuvent initier un référendum. Pourtant les parlementaires ne feront rien et nous avons entendu les conseillers de Stanichev. Il ne reste que Parvanov. Si d’ici à la fin juillet aucune volonté politique n’est exprimée dans ce sens, le président devrait proposer un référendum. Alors le Parlement serait obligé de fixer une date en automne. Aucun président jusqu’à présent, n’a usé de ce droit. Si Parvanov s’y décide, il sera le premier. En Bulgarie il n’y a jamais eu de référendum. Nous sommes les seuls en Europe de l’Est à ne jamais demander l’avis de la population sur quoi que ce soit. Le troisième défi consiste dans le fait que nous voulons un référendum dont l’issue sera défavorable à la classe politique.

- Les gens craignent qu’il soit plus facile d’acheter un candidat majoritaire que tout un parti avec sa direction, ses forums, ses votes, etc.

Ce sont exactement ceux qui ont créé les cercles d’entreprises qui disent : "On peut nous acheter aux élections majoritaires". Ils sont tous achetés ! Leur logique veut qu’ils savent comment on fait pour acheter des députés, eux-mêmes étant des vendus. Leurs arguments ne sont absolument pas recevables. Personne ne se soucie de savoir ce qui est honnête ou digne. Ils ne font que répéter que le système pourrait permettre l’achat d’un candidat. Comme si la situation maintenant était différente. Comme l’indique un oligarque très en vue, il est beaucoup plus facile d’acheter un député tout fait qu’un candidat. Ensuite, il est plus facile d’avoir vent d’une combine, impliquant trois chefs de parti que 300 députés. Actuellement si l’envie vous prenait d’acheter le Parlement, il vous faudrait négocier avec le roi, ainsi qu’avec Dogan et Stanichev. Les autres voteront en fonction des consignes de ces derniers. En présence de 200 députés majoritairement élus, il faudra négocier avec chacun séparément. Troisièmement, si dans une circonscription il y a 10 candidats pour une place, pourra-t-on les payer tous ? Cela revient 10 fois plus cher.

- Pourtant les candidats majoritaires aux postes de maires d’arrondissement lors des municipales n’ont suscité qu’un intérêt minime.

C’est parce qu’ils n’ont ni prérogatives, ni budget. Par contre tout le monde connaît le travail des députés. Nous sommes conscients, tout comme M. Parvanov, qu’un tel changement fera naître une énorme résistance. On cherchera l’appui des sociologues, des politologues, des commentateurs, de nombre d’experts. Cependant la vérité c’est qu’actuellement les députés sont choisis par les caïds.

- Ils appellent cela le respect d’une décision démocratiquement prise au sein du parti.

Quand vous êtes élus par le système majoritaire, la loyauté s’exerce vis-à-vis de l’électeur, non vis-à-vis du chef du parti. Maintenant elle dépend du boss. Vous pouvez être un ignorant fini et vous tourner les pouces pendant 4 ans, il suffit de voter pour la loi sur les jeux de hasard et vous serez muté de Silistra (où les gens veulent vous lapider) à Blagoevgrad pour être réélu. Je mentionnerai trois avantages indiscutables du vote majoritaire. D’abord il ne permet pas de partis ethniques. Ce n’est pas un hasard si aux Etats-Unis il n’existe pas de parti des Noirs. A Kardjali il y a toujours des voix en faveur d’un député différent de celui du MDL ("Mouvement des Droits et Libertés"). Le système actuel ne tient pas compte de ces voix. Avec le système majoritaire, être Turc ne sera plus la seule condition pour être élu. Il faudra gagner les voix des Bulgares également. Ensuite la carrière du député dépendra de ses qualités et non de son obéissance. Ce système encourage la démocratie au sein des partis. Ces derniers seront contraints d’écarter les obéissants. Des conditions favorisant l’émergence de leaders se mettront en place.

En Bulgarie, ce problème découle de la transformation de la politique en business et du désir du business de se mêler à la politique. Les hommes d’affaires voient tout cela comme une transaction. Les 100 000 investis dans l’achat de voix peuvent rapporter 1 million via les marchés publics. Tant qu’on n’aura pas compris que la politique n’est pas une fin en soi et un commerce, elle sera toujours vénale. D’ailleurs le système majoritaire permet une légère diminution de ces pratiques vénales.


publié le 02.07.2008

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