20 décembre 2007 - La France en Bulgarie
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20 décembre 2007

AFFAIRES INTERIEURES

INSPECTORAT

Le parlement a élu hier huit des dix membres de l’Inspectorat qui effectuera le contrôle de l’activité du système judiciaire. C’est ce qu’annonce l’ensemble de la presse qui dit qu’au terme de débats ayant duré plus de cinq heures, les députés ont élu au poste de président du nouvel organe la vice-ministre de la Justice, Ana Karaivanova. 24 Tchassa précise que quatre des candidats élus ont été proposés par les socialistes, deux par MNS II (Mouvement national Siméon II - centre), un par le MDL (Mouvement pour les droits et libertés - centre) et un par l’UPB (Union populaire bulgare - centre). Les candidats sont élus par une majorité de 160 députés. Après le départ du MNS II des contestataires, le nombre de la majorité parlementaire a été ramené à 152 députés. Le nouveau groupe parlementaire, Nouvelle démocratie bulgare (NDB) ont tout le temps voté « contre ». Les députés de l’UFD (Union des forces démocratiques - droite), du DBF (Démocrates pour une Bulgarie forte - droite) et d’Ataka ont carrément quitté la séance plénière. Pour faire passer leurs nominations, les députés de la majorité au pouvoir ont compté sur les voix de députés indépendants et ceux de l’Union populaire bulgare. (Presse)

JUSTICE

Le Conseil suprême de la justice (CSJ) a refusé de démettre de ses fonctions l’agent du Service national de l’Instruction (SNI), Tatiana Charlandjiéva, mise en examen pour avoir été impliquée dans l’affaire liée au procès contre l’ancien chef de la Société de chauffage de la capitale, Valentin Dimitrov. Le Conseil a estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves concernant une éventuelle fuite d’information relative au procès en question en direction du président de la compagnie « Frontière », Krassimir Guéorguiev, considéré comme proche de l’accusé. La presse rappelle que l’affaire de corruption qui a éclaté au printemps avait coûté les postes ministériels de Roumen Ovtcharov (Economie et Energie) et de sa vice-ministre Kornélia Ninova. Intervenant à ce sujet hier, M. Ovtcharov a déclaré s’attendre à être rétabli à son poste comme l’a été le vice-ministre Delian Peevski. (Troud, Sega, Dnevnik)

CHOMAGE

La ministre du Travail et de la Politique sociale, Emilia Maslarova, a annoncé hier que le taux de chômage en novembre dernier avait enregistré une baisse record et avait été ramené à 6,62%. « Pour la première fois depuis le début des changements démocratiques le taux de chômage est aussi faible », s’est réjouie la ministre qui a rappelé qu’au début de cette année, celui-ci s’élevait à 9,67%, ce qui veut dire que depuis janvier dernier 112 804 personnes qui étaient au chômage ont trouvé du travail. (Monitor)

ECONOMIE

SERBIE

La Serbie est la destination la plus attractive pour les hommes d’affaires bulgares, estime Troud. Selon les données statistiques serbes, la Bulgarie se range, en 2007, parmi les dix plus importants investisseurs étrangers dans ce pays. Selon l’ambassadeur Gueorgui Dimitrov, le volume total des investissements bulgares en Serbie dépasse, en 2006 et les huit premiers mois de 2007, les 70 millions d’euros. Selon les hommes d’affaires bulgares, la Serbie peut servir de tremplin pour le business bulgare pour se développer sur les marchés voisins : Croatie, Bosnie, Monténégro. La dernière grande percée bulgare dans ce pays voisin constitue la signature, la semaine dernière, d’un accord de partenariat à long terme entre la compagnie « Prista oïl » (Roussé) et la « Raffinerie Nafta Belgrade », en vertu duquel la compagnie bulgare se charge du contrôle sur la production d’huiles automobiles « Galax et « Korsantin ».

Les investissements bulgares dans les zones franches se trouvant en Serbie sont nombreux. Ainsi, dans les zones franches, les firmes bulgares peuvent économiser jusqu’à 40% de leurs dépenses lors de leurs exportations vers la Russie, les droits de douane étant de l’ordre de 1%, contre 25 à 45% pour les exportations directes depuis la Bulgarie vers la Russie. Les compagnies bulgares pourraient, par exemple, y embouteiller du vin qu’elles exporteraient ensuite à un prix beaucoup plus avantageux. (Troud)

BUDGET 2008

Deux voix seulement n’ont pas suffi au MNS II (Mouvement national Siméon II - centre) et à l’opposition pour faire voter leur proposition concernant une nouvelle baisse des cotisations de sécurité sociale de 3% à partir du 1er juillet 2008. L’idée de faire baisser les cotisations sociales qui alimentent le Fonds « Retraites » avait été lancée par l’ancienne ministre du Travail et des Affaires sociales, Christina Christova. La proposition avait été approuvée lors d’un premier vote hier, mais l’ancien ministre de l’Economie et de l’Energie, Roumen Ovtcharov, a réclamé un nouveau décompte des voix à la suite duquel la clause avait été rejetée. Ce dernier a souligné à ce propos qu’avant de procéder à une diminution des cotisations, la réforme dans le secteur social et celui de la santé devrait être achevée. Dans le cas contraire, on reviendrait à la situation des années avant 1989 quand l’Etat payait directement les pensions de retraite. La loi sur la création du Fonds « Intellect » doit être adoptée d’ici le 30 juin de l’année prochaine, ont également décidé hier les députés. Celui-ci doit financer des programmes d’éducation. Les députés ont également approuvé hier une réduction de 12% des effectifs de l’administration publique et ceci, avant le 30 juin de l’année prochaine. L’examen en deuxième lecture du budget 2008 se poursuit aujourd’hui. (Presse)

RELATIONS INTERNATIONALES

RUSSIE

Le Président Poutine a appelé hier par téléphone le Premier ministre Stanichev, avec lequel il s’est entretenu sur sa visite en Bulgarie prévue pour le 18 janvier. Les deux interlocuteurs ont abordé les préparatifs de cette visite. M. Stanichev a, par ailleurs, informé le chef du Kremlin de la mise en place à Sofia d’un groupe de travail chargé des festivités à l’occasion de l’Année de la Russie en Bulgarie. Ce groupe est présidé par le ministre des Affaires étrangères, M. Kalfine. Le Président russe et le Premier ministre bulgares ont discuté des projets « Bourgas-Alexandroupolis » et « South Stream ». Les deux interlocuteurs ont relevé « l’importance stratégique de ces projets, compte tenu de la sécurité énergétique de l’Europe ». « La Bulgarie mène une politique conséquente visant à faire du pays un centre énergétique de transit dans la région et elle est ouverte à la réalisation de projets mutuellement avantageux dans ce domaine », a notamment déclaré M. Stanichev. Ce quotidien estime également que, lors de la visite, devrait être signé l’accord entre la Compagnie électrique nationale (NEC) et « Atomstroïexport » pour la construction de la centrale nucléaire de Béléné. (Troud)

VISAS

La Bulgarie s’est vue proposer par la Commission européenne d’être libérée de son obligation d’accorder des visas à des étrangers arrivés dans le pays depuis la zone Schengen. Cette proposition concerne des citoyens de pays tiers en provenance de Pologne, de République tchèque, de Chypre, de Hongrie, de Lettonie, de Malte, de Roumanie, de Slovénie et de Slovaquie. S’ils sont munis d’un visa Shengen, des ressortissants de pays en dehors de l’UE pourront séjourner en Bulgarie pendant 5 jours au maximum, sans avoir besoin de visa bulgare. (24 Tchassa)

L’Ukraine a supprimé, à compter du 21 novembre, les régimes de visas pour les ressortissants bulgares qui se rendent dans ce pays. (Douma)

L’INTERVIEW DU JOUR

Meglena Kouneva, commissaire européen (Troud 20/12/07)

- Mme Kounéva, nous voilà membres de l’Union européenne depuis déjà un an. Sommes-nous de ce fait devenus plus heureux. Comment nous débrouillons-nous ?

Le succès a plusieurs visages. L’un d’eux est celui du succès individuel. Je ne m’engage pas à donner cette réponse. Je peux cependant parler à l’aide de chiffres concernant le Produit national brut, le déficit budgétaire, les rémunérations, entre autres. Le changement intervenu depuis l’année dernière consiste dans le fait que nous pouvons déjà comparer nos chiffres à ceux des autres pays membres de l’UE. Nous faisons déjà partie de quelque chose de grand qui nous engage à avancer. Nous devons considérer notre propre vie par le succès du pays. Il n’est pas possible de construite une île pour soi-même. Indépendamment de son propre bien-être, on ne peut échapper aux mauvaises routes, par exemple. C’est ce qu’on appelle le sentiment communautaire. Si les domaines de la santé et de l’éducation sont déjà meilleurs, si l’on peut faire en sorte que le destin de six Bulgares se trouvant en prison à Tripoli soit finalement réglé, c’est que les choses sont devenues meilleures.

- Y-a-t-il un gouffre entre Sofia et Bruxelles ?

Nous devons désormais nous rendre compte que Bruxelles, ce n’est pas « eux ». Jusqu’à présent on pouvait dire « nous faisons ainsi puisque ce sont eux qui nous le demande ». Nous sommes tout ce qui a été adopté depuis le 1er janvier 2007. Aussi bien la réforme viticole que celle dans l’énergie, les brevets européens, etc. Dans mon domaine, je peux énumérer les directives concernant le « time share », par exemple, je peux aussi parler du crédit à la consommation et du train d’amendements législatifs liés à la défense des consommateurs. S’il s’avère demain que les Bulgares sont mécontents de cela, ils doivent être conscients que cette législation est adoptée avec la participation du gouvernement bulgare.

- L’argent européen si longtemps attendu n’est toujours pas arrivé chez le Bulgare. Qu’a-t-il obtenu cette année de l’UE ?

La baisse des prix des appels internationaux. Grâce à notre assurance « Responsabilité civile », nous pouvons voyager partout dans l’UE. Notre progrès devient de plus en plus visible pour la jeune génération. Plus le nombre des Bulgares qui voyagent augmente et plus nous utilisons l’Internet, plus le progrès devient rapide.

- Que doit faire l’Europe dans l’immédiat ?

Pour ne pas rester comme musée, l’Europe doit participer à une compétition : avec l’Inde, la Chine, les Etats-Unis. Elle doit montrer qu’elle possède les meilleurs standards. Afin de réaliser les réformes, comme la libéralisation du marché des marchandises et des services, nous devons persuader les citoyens que cela est dans leur intérêt. Les réformes ne donneront de résultats que dans des années. Les citoyens doivent comprendre pourquoi ces réformes sont importantes aujourd’hui. Comme l’avait bien dit M. Jean-Claude Junker, « Nous savons quoi faire. Ce qui est mauvais c’est que nous ne savons pas comment remporter les prochaines élections. »

- Suite à l’adoption du Traité de Lisbonne, l’UE semble être sortie de sa crise interne. Le Président de la Commission européenne, José Barroso a annoncé l’ordre du jour : rattraper les Etats-Unis en ce qui concerne la compétitivité, travailler pour une sécurité de l’énergie et contre les changements climatiques. Cela ne semble pas être l’ordre du jour bulgare ?

Cela ne se rapporte pas qu’à la Bulgarie. J’ai récemment parlé devant de jeunes Belges. Ils posaient les mêmes questions que les jeunes du même âge à Sofia : leurs diplômes sont-ils reconnus dans l’ensemble de l’UE ? Nous avons accordé très peu de temps à la protection des consommateurs. Le grand art de la politique est de rendre les hommes sensibles à l’égard des questions qui ne font pas l’objet de l’ordre du jour d’aujourd’hui, mais qui sont importantes pour celui de demain. La politique est une question de leadership et de capacité de résister avec une thèse qui n’est pas populaire aujourd’hui, si l’on a le sens de responsabilité pour demain.

- Comment introduire de la concurrence en Bulgarie face à Gazprom ?

L’UE a fixé l’objectif et a laissé au pays membres de décider comment y parvenir. Le 23 janvier je proposerai à la Commission d’adopter un nouveau type de monitoring des marchés - avec un tableau comparatif tel que vu par les citoyens- au sujet des prix, accessibilité aux services, possibilité de choisir son fournisseur etc. Une étude a montré récemment que l’huile d’olive est plus chère dans les pays qui le produisent que dans ceux qui l’importent.

- Est-ce que la Russie doit construire la centrale de Béléné ?

Je suis avec un grand intérêt ce thème en Bulgarie. Car lorsque l’on parlait de mettre hors exploitation les réacteurs de fabrication russe, il n’y avait pas de débat sur leur sécurité. Le débats était entaché par des slogans pseudo-patriotiques. Je me rends compte que les plus gros problèmes que nous avons eus lors des négociations d’adhésion étaient liés à la sécurité : assurance « Responsabilité civile », exigences sanitaires, l’aviation, le nucléaire. En Bulgarie il n’y a pas eu de débat sur la fiabilité des technologies russes. Il ne fait que commencer et cela me surprend.

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publié le 20.12.2007

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