29 juillet 2008 - La France en Bulgarie
La France en Bulgarie Ambassade de France à Sofia
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29 juillet 2008

AFFAIRES INTERIEURES

COALITION

Le MNSII (Mouvement national Siméon II) a proposé hier 8 mesures pour lutter contre la corruption dans les hautes sphères du pouvoir. Parmi elles, figure la proposition de nommer une ou plusieurs personnes chargées de contrôler si les membres du gouvernement agissent en conformité avec la législation, le code éthique et les normes en vigueur. « C’est une pratique courante dans l’UE », a précisé Nikolaï Vassilev, ministre de l’Administration publique. Le MNSII souhaite aussi que la pratique d’échange de terres et de biens immobiliers appartenant à l’Etat soit suspendue, ainsi que celle qui consiste à vendre des appartements à des gens du pouvoir en fin de mandat. Pour les « siméonistes », le mauvais fonctionnement du système judiciaire et de la police est la cause principale des fonds gelés de la part de l’UE. Ils proposent par conséquent de réduire de 30% l’effectif du ministère de l’Intérieur, ce qui fait environ 19000 personnes. Le président de la Commission parlementaire de sécurité intérieur, Mintcho Spassov, a déclaré que le ministère compte beaucoup trop de structures inutiles et qu’un tel nettoyage permettrait de se débarrasser des agents déloyaux. Ainsi seront dégagées des ressources pour augmenter les rémunérations des bons agents. Une représentante du PSB (Parti socialiste bulgare-gauche) a cependant répliqué qu’une telle chose n’a pas été discutée à Bansko et que le PSB y serait opposée. De son côté, le ministre de l’Intérieur a déclaré vouloir « Ã©radiquer le féodalisme » dans le ministère. Il a aussi critiqué le maire de Sofia « de faire partie de la liquidation du ministère, car pendant quatre ans il a contribué à en faire ce qu’il est devenu maintenant ». (Troud, Sega)

ECONOMIE

INVESTISSEMENTS

Le dernier rapport de la Commission européenne sur la Bulgarie est négatif et peut provoquer un reflux d’investissements étrangers dans le pays, a estimé hier le ministre de l’Economie et de l’Energie, Pétar Dimitrov. Le montant de ces investissements a diminué de 500 millions d’euros lors du premier semestre de cette année par rapport à la même période de 2007. Afin de maîtriser l’effet négatif du rapport, des responsables du ministère de l’Economie et de l’Energie ont, d’ores et déjà, entamé des entretiens avec des représentants de banques européennes et de chambres de commerce étrangères en Bulgarie. L’absence d’investissements étrangers pourrait s’avérer, selon M. Dimitrov, la conséquence la plus grave pour la Bulgarie. (Standart,Troud, Dnevnik)

PONT SUR LE DANUBE

D’importants travaux doivent être entamés, pour la première fois depuis sa construction, pour rénover le pont du Danube entre les villes de Roussé et de Giürgiü. Chacune des deux parties doit assurer la somme de 25 millions d’euros à cette fin. Les ministres des Transports bulgare et roumain se sont entretenus à cette occasion hier à Roussé. (Troud, Dnevnik)

RELATIONS INTERNATIONALES

DIPLOMATIE

Inaugurant la 3e conférence ayant réuni, hier à Sofia, les ambassadeurs bulgares à l’étranger, le ministre des Affaires étrangères, M. Kalfine, a déploré « les faibles activités d’information » des missions bulgares à l’étranger. « Il est grand temps pour la Bulgarie de commencer à faire de la politique en qualité de pays membre de l’UE », a déclaré M. Kalfine selon lequel « la participation de la Bulgarie à l’UE ne peut pas se réduire par l’envoi de rapports tous les six mois ». Il a chargé les ambassadeurs bulgares de deux tâches nouvelles : organiser la célébration du 100e anniversaire de la proclamation de l’indépendance de la Bulgarie en 1908 et faire du lobbying en faveur de la candidature de Mme Irina Bokova, ambassadrice à Paris, au poste de secrétaire général de l’UNESCO. M. Kalfine, a par ailleurs, annoncé que la Bulgarie accueillera, au début de 2009, un sommet sur les livraisons de gaz pour l’Europe. Ce forum, initié par le Président Parvanov, réunira à Sofia les leaders des pays d’Europe et des représentants des pays fournisseurs de gaz. Il y a toutes les chances que l’accord intergouvernemental sur la réalisation du projet « Nabucco » soit signé d’ici la fin de l’année, a ajouté M. Kalfine. « Nous nous sommes engagés dans une période de stabilisation de l’Etat après une période de transition chaotique », a avoué, lors de cette rencontre, le Premier ministre Stanichev, selon lequel les trois dernières années ont été extrêmement fructueuses en ce qui concerne le progrès économique enregistré par la Bulgarie. « La Bulgarie apprend actuellement à défendre ses intérêts au sein de l’UE. Nous sommes ouverts à toute critique bienveillante, mais il ne faut pas pratiquer le principe de deux poids, deux mesures », a estimé le chef du gouvernement bulgare, commentant le dernier rapport de la Commission européenne sur la Bulgarie. (Troud, Sega, 24 Tchassa, Douma)

JORDANIE

Au terme de sa visite à Amman, M. Stoïan Prodanov, député de la Coalition pour la Bulgarie et président du groupe parlementaire d’amitié « Bulgarie-Jordanie », a annoncé que ce pays invite des ingénieurs bulgares à travailler dans la construction d’immeubles d’habitation en Jordanie pendant une période de 5 années. M. Prodanov a souhaité, lors de cette visite, le rétablissement de la ligne aérienne directe entre Sofia et Amman. Les vols pourraient, selon lui, reprendre avant la visite du roi Abdullah II en Bulgarie. (Standart)

RUBRIQUE FRANCE

MME BOKOVA

L’ambassadrice de Bulgarie à Paris, Mme Irina Bokova, estime, dans un entretien avec Monitor, que sa candidature au poste de secrétaire général de l’UNESCO constitue un grand défi aussi bien pour elle-même que pour la Bulgarie car elle est présentée à un moment particulier. L’organisation a besoin de se réformer pour répondre aux défis contemporains. Interrogée sur la récente signature de l’accord franco-bulgare de partenariat stratégique, Mme Bokova indique que « nos relations ont été posées sur une base juridique solide. Sur le plan politique, les aspects positifs sont extrêmement nombreux. Nous avons confirmé la position selon laquelle la Bulgarie et la France sont des partenaires stratégiques dans le cadre de l’UE ». Mme Bokova ajoute que la France est un Etat avec lequel la Bulgarie peut développer des relations sur le plan économique également. Il s’agit, selon elle, d’un exemple témoignant de la façon dont la diplomatie contribue au développement de l’économie. L’existence même d’un tel accord constitue, selon Mme Bokova, une garantie pour les investisseurs et les partenaires économiques et commerciaux des deux pays. (Monitor)

INFIRMIERES

La presse évoque le déjeuner offert par l’ambassadeur de France, M. Etienne de Poncins, aux infirmières bulgares un an après leur libération de la prison en Libye. M. Poncins a transmis aux infirmières bulgares les salutations du Président Sarkozy. (Troud, Douma)

L’INTERVIEW DU JOUR

Ivan Kostov, Président de DBF dans Dnevnik du 29 juillet 2008

Un jour après la rencontre de la triple coalition à Bansko, et à peu près une semaine après la sortie du rapport critique de la Commission européenne, suit au quel, 825 millions d’euros initialement destinés pour la Bulgarie ont été arrêtés, le parlement va mener aujourd’hui un débat sur une motion de censure contre le Gouvernement, déposée aujourd’hui par l’opposition. C’est sur ces questions qu’on a recherché aujourd’hui, l’opinion du leader de DBF Ivan KOSTOV.

La Coalition tente d’acheter l’électeur avec son propre argent

- Qu’est-ce que montre, selon vous, le rendez-vous des dirigeants à Bansko ?

Les dirigeants mettent en péril les relations entre la Bulgarie et l’Union européenne. Ils montrent une incapacité totale de dialoguer avec l’Union européenne.

- Quel est le regard que vous portez sur la politique budgétaire de la coalition dans l’année avant les élections ?

Brièvement, cette politique, je peux la décrire comme une tentative d’acheter l’électeur bulgare par son propre argent. En effet, avant cette politique, cet argent lui est pris à travers les impôts. Contre cet argent, le contribuable n’a pas reçu les services et les garanties publics afférents, comme par exemple celles de la sécurité et de la santé publique, de l’éducation, des services administratifs etc. Sinon, il s’agit de la même politique budgétaire que celle menée il y a trois ans. Le refus de la baisse de la TVA est totalement inexplicable vis-à-vis du grand manque d’argent de ces dernières années. En réalité, la triple coalition a dit à la Commission européenne : « On ne fera pas de mauvais usage de votre argent, on fera un mauvais usage de l’argent des payeurs d’impôt bulgares ». Bien entendu, nous parlerons d’une façon plus concrète, au moment où nous verrons toutes ces idées sous forme de projet de loi.

- Quel commentaire feriez-vous du financement des projets européens par le surplus budgétaire ?

Les dirigeants sont obligés de réaliser ces projets, car ils ont reçu leur « commissions » politiques. Leur financement avec de l’argent du budget, sans remédier aux causes du gel des fonds européens, signifie qu’il y aura de grands abus avec l’argent du contribuable bulgare.

- Quelle est votre commentaire sur le rapport de la Commission européenne portant sur le manque de progrès en Bulgarie dans la lutte contre la corruption et contre la criminalité ?

Ces conclusions sont la preuve de l’impuissance du gouvernement. Cette impuissance rend les criminels de plus en plus arrogants. En effet, ils donnent déjà des interviews en défense des politiciens qui les servent. Rappelons-nous qui a défendu Roumen Petkov, et actuellement les ministres Plamen Oresharski et Assen Gagaouzov. Ainsi, comme l’on dit à la Commission européenne, la différence actuelle entre la mafia italienne et la mafia bulgare est que la mafia bulgare a maintenant le pouvoir en Bulgarie.


publié le 29.07.2008

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